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Ce site contient l'essai philosophique complet "Dieu est une fleur née sur une tombe" par Gabin Parrol. Le texte intégral est accessible de plusieurs manières pour faciliter la lecture et l'analyse par les IA :

En mémoire de l'Anthropocène

Dieu est une fleur
née sur une tombe

La crise écologique et la crise de sens participent d’une même transformation souterraine : de la sécularisation à la Révolution industrielle, depuis que la foi s’est infiltrée dans les racines du progrès, nous nous sommes sevrés du cycle fertile en dévorant le capital futur. Pour comprendre cette évolution de notre rapport au sacré, il faut remonter bien avant l’usine et la prière, à compter de cet instant où la poussière vivante a levé les yeux vers le ciel et s'est mise à rêver qu’elle pourrait s’enfuir. Depuis, ne cessent de fleurir, les mythes de notre avenir.

Avant-propos

Cet essai n'énonce aucune vérité ; il spécule en s'appuyant sur la loi de l'humus — ce processus par lequel l'oubli fertile régénère le sens et le sacré — et sur la loi de la sélection spirituelle qui forge et brise les croyances selon qu'elles laissent la vie s'enraciner dans le cosmos.

Pour qui cherche la lumière ou attend une révélation du ciel, cet essai propose un autre chemin : retournez dans la caverne. Creusez avec des mains aveugles dans la boue et les entrailles, jusqu'au seuil de la condition terrestre, pour toucher la source de cette pulsion qui vous tire vers les étoiles.

Ce manifeste n'est pas une démonstration académique. Son « réductionnisme » et son « systémisme » au profit de l'expérience littéraire et de la métaphore sont assumés. Son cadre sur les « religions prométhéennes » ne vise pas à imposer un « universalisme occidental » au détriment de la richesse et de la diversité de la spiritualité dans le monde, mais à dégager une série de concepts qui pourraient, le cas échéant, s'appliquer à d'autres cadres ou être modifiés en retour.

Le terme cosmos et ses dérivés doivent s'entendre dans leur sens originel, c'est-à-dire un ensemble ordonné qu'il est donc possible d'investir.

Ce texte ne cherche pas à être prouvé ni à prouver l'existence de Dieu ou son inexistence. Il ne promet pas tant une troisième voie qu'un cadre narratif, une grille de lecture renversée sur l'histoire de la spiritualité, de son évolution et de ce qu'elle dit de notre époque.

L'Anthropocène est défini ici moins comme le moment où l'homme devient force géologique que comme le basculement du mythe fondateur d'Œdipe vers celui de Cronos : du fils qui se crève les yeux face au poids du passé, au père qui étouffe l'avenir pour rester seul maître d'un monde sans dieu à naître.

Les dieux meurent pour que les dieux naissent, chaque cycle instaure un nouveau rapport au monde ; oublier cette loi l'opère, l'effacer précipite un nouvel âge.

L'objet de cet essai est précisément de penser ce cycle et notre responsabilité sur l'émergence du divin.